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UEMOA : L’ONG GSL-Africa propose une Fédération des États pour une souveraineté assumée

Dans un document de stratégie dévoilé à Cotonou, l’ONG GSL-Africa International dresse un diagnostic sans concession des relations franco-africaines et de la gouvernance ouest-africaine. L’organisation béninoise appelle à une refondation politique, monétaire et sécuritaire de l’Afrique de l’Ouest.

Partant du refus historique de la Guinée de Sékou Touré de signer le pacte colonial en 1958 jusqu’aux destins tragiques de Sylvanus Olympio au Togo et de Modibo Keïta au Mali, l’organisation estime que le système hérité de la colonisation, notamment à travers le franc CFA et les accords de coopération, a maintenu les États dans une souveraineté limitée. Un système qu’elle décrit comme un frein structurel au développement, alimentant instabilité, dépendance financière et vulnérabilité sécuritaire.

Face à l’essoufflement des modèles actuels, l’ONG GSL Africa juge la CEDEAO et l’Union Africaine inadaptées aux nouvelles menaces asymétriques et à la rude compétition que se livrent les grandes puissances sur le continent. Elle pointe une armée et des forces de sécurité insuffisamment dotées face au terrorisme, ainsi qu’un modèle démocratique importé, coûteux et déconnecté des réalités locales. Pour GSL-Africa, l’Afrique francophone ne pourra peser dans le nouvel ordre mondial qu’en parlant d’une seule voix et en transformant localement ses immenses ressources naturelles, qui attisent aujourd’hui toutes les convoitises.

C’est pourquoi elle propose, à l’horizon 2028-2032, une mutation radicale de l’UEMOA en une Fédération des États dotée d’une architecture complète : une armée fédérale et une gendarmerie régionale pour la défense commune, une police communautaire dans chaque État fédéré, une politique fédérale unique en matière d’énergie, de technologie, d’agriculture et d’industrie, et surtout, une monnaie unique souveraine : le Cauris. Cette fédération, gérée par un gouvernement fédéral, serait le socle d’une identité citoyenne partagée et d’un développement endogène.

Pour réussir cette transition, l’ONG suggère une période de cinq ans de recherches stratégiques et de mobilisation de la jeunesse, des chercheurs et des élites, avec le maintien des dirigeants actuels pour un mandat unique de sept ans et la suspension temporaire des scrutins, dont les fonds seraient réaffectés à la refondation. Loin d’un appel à la rupture brutale, c’est un plaidoyer pour un partenariat repensé avec la France. GSL-Africa invite l’élite progressiste française à accompagner cette mutation vers une coopération enfin équilibrée, fondée sur la transparence, la dignité et le respect mutuel, seule capable selon elle de garantir paix, stabilité et prospérité partagée.

Au-delà de l’architecture institutionnelle, l’ONG GSL Africa place la maîtrise technologique et le capital humain au cœur de sa vision. Elle préconise la mobilisation d’une équipe dynamique de jeunes chercheurs et de professionnels, la conduite d’études approfondies dans sept domaines clés – économie, intelligence stratégique, diplomatie, défense, sécurité, information et monnaie – ainsi qu’une communication offensive à l’échelle régionale et continentale. L’enjeu, selon elle, est de briser la dépendance technologique et de doter la future Fédération des leviers de dissuasion et de souveraineté indispensables pour sécuriser ses populations et négocier d’égal à égal avec le reste du monde.

Méchack AHOUANDJA

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